La Vie et l’Espoir

Ce texte a été écrit sous la forte influence et inspiration (divine) du dernier EP de Way For Nothing. Leur musique post- beaucoup de choses et leur univers apocalyptique m’ont propulsé vers les contrées contées ci-dessous… n’hésitez pas à aller voir ce qu’ils font sur leur Soundcloud et Facebook.


Les premières lueurs de l’aube inondaient la ville. Entre les ruines, les ombres sèches s’étendaient. Les parasites, devenus rois, avaient investi les avenues éventrées. Ils étaient les seuls vivants à laisser leurs traces dans les cendres qui recouvraient tout. Les immeubles qui tenaient encore debout crevaient le ciel rouge et nuageux. La poussière n’était pas retombée et ne retomberait jamais. Ce n’était pas tant la mort et la destruction qui frappaient, mais plutôt le vide et le silence ; la vacuité. C’était l’absence de tout, de un, de nous : du rien, partout. Le paysage était plein de rien. Pas à cause de l’immobilité et de l’obscurité, mais des marques que nous autres avions laissé. Le béton fissuré sentait le regret.

Au milieu de cela, au cœur du néant, on distinguait un son. Discret, c’était comme une mélodie chuchotée. On aurait dit que le vent chantait, que les décombres sifflaient. Un million de voix semblaient s’allier en une singulière complainte. Son écho portait dans toute la ville. Au cœur du néant, il y avait un enfant, qui chantait. Il était assis sur le capot d’une voiture, en tailleur. Il ne bougeait pas. Ses yeux étaient fixes ; les larmes avaient séché. En réalité, seul son murmure le différenciait des autres corps inanimés. Son existence s’était concentrée dans son souffle ; et celles de la ville l’avaient rejoint. Seul, il était devenu son âme siégant sur un corps désolé. Seul, il était tout le monde, il était chacun et personne. Seul, il était l’héritage. Seul, il était la vie et l’espoir.

Le soleil avait déjà beaucoup grimpé dans le ciel, mais la mélodie demeurait. Son souffle avait d’abord dissipé la poussière puis chassé les cendres. Bien que rien de plus n’ait vraiment bougé, l’atmosphère s’était chargée de vie. Les murs s’étaient relevés, les vitres reformées. Les plantes avaient repoussé, les corps s’étaient redressés. D’un seul coup, on avait oublié quel désert la ville était devenue. On avait oublié les explosions, les cris et les pleurs. On avait oublié la violence, le vide et le vent. On avait oublié la mort.

Lorsque le chant faiblit, le rêve s’estompa aussi. Tout était resté gris et détruit. Tout était parti ou enfoui. Pourtant, alors que l’enfant achevait son souffle, une plante émergea du bitume. Ses feuilles se déroulèrent et ses fleurs se délivrèrent. Elle était seule ; et elle était la vie et l’espoir.

–Meseer

Publicités

4 commentaires sur « La Vie et l’Espoir »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s