Nouvelle – « La Lettre jaune » > Introduction

Aujourd’hui et dans les prochains jours, je publierai ma dernière œuvre, une suite de nouvelles nommée La Lettre jaune. Chaque nouvelle peut être lue indépendamment et dans l’ordre qu’on le souhaite, cependant elles possèdent toutes un lien entre elles…

Le recueil est divisé en quatre parties, chacune focalisée sur un personnage :

Jules
Ilda
Mathes
Vigor

Mais sans plus attendre, voici une petite plongée dans l’univers…


Le productivisme s’est développé de façon exponentielle depuis la révolution industrielle. Dans presque tous les pays, on fait les louanges du progrès économique, de la croissance et de l’innovation. C’est une permanente course aux armements économique. Chacun doit se démarquer par ses prix, sa compétitivité, ses accords diplomatiques et commerciaux. La place forte est donc faite aux individus qui travaillent et gagnent bien. Les inactifs n’ont pas leur place, ils sont considérés comme paresseux, contre-productif, inutiles.

C’est pourquoi, on a vu fleurir des lois partout à travers le monde. Des lois interdisant l’inactivité. Des lois obligeant chacun à produire, coûte que coûte, et punissant tout ceux y contrevenant, à titre d’exemple. Ces mesures sont bien sûr appliquées plus ou moins durement selon les pays, voire pas du tout. D’autres les appliquent avec intransigeance, créant ainsi une sorte de dictature surproductive, utilisant ses citoyens pour être une énorme source de création et ainsi rester dans la course.

C’est le cas par exemple du Gyegog, un minuscule pays d’Asie coincé entre la Russie, la Chine et la Corée. Sa capitale, Sigan, est le reflet extrême du monde que nous créons. Noyée dans la fumée et la pollution, seuls ses gratte-ciels peuvent apercevoir le ciel. Ses habitants triment comme des acharnés durant toute l’année, car ils sont sans cesse oppressés par la menace d’une condamnation, pour cause d’inactivité. Les autorités ont en effet les moyens de retrouver les citoyens n’ayant rien produit depuis un certain temps. Parmi eux, des chômeurs, des artistes, des jeunes, des vieux craignent de recevoir la convocation à leur procès. Chaque jour, ils tremblent en ouvrant leur boîte aux lettres. Et lorsque vient le moment fatidique, ils trouvent une enveloppe criarde, agressive et défiante.

Une Lettre jaune.

— Meseer

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s